CIBER-Europe: Nos 1200 consultants veulent délivrer des solutions sans bombe à retardement
Terje Laugerud est PDG de CIBER Europe, une compagnie de système d'intégration des IT située à Londres. Avec 1200 professionnels qui travaillent dans ses succursales pan-européennes, il voit la proposition de brevets logiciels du Conseil comme un risque pour la productivité de son secteur.
Terje Laugerud
PDG de CIBER Europe
Au regard de nos 1200 consultants qui concoivent et écrivent des millions de lignes de code et des milliers de processus logiciels chaque année, les brevets logiciels seront tout simplement contre-productifs et contre-innovants. Je serais très inquiet de voir, dans un futur régi par les brevets logiciels, le cas de fournisseurs sollicités par des clients afin de leur garantir que nous n'avons enfreint ni violé aucun brevet avant la livraison d'une solution sur mesure.
De part notre expérience sur de nombreux projets, nous savons que les gens dans les affaires du logiciel ne veulent pas des brevets. Son économie diffère de celle des industries classiques de fabrication de matériel, tout comme les résultats du processus de la brevetabilité. Beaucoup de gens dans les industries ont l'air de s'être habitués au fait d'être poursuivis lorsque quelqu'un d'autre a trouvé une solution avant eux. Dans le monde du logiciel, ce style de règle du jeu n'est pas accepté. Le système des brevets a eu sa chance, pendant environ 20 ans, de produire quelque chose d'acceptable et il y a malheureusement échoué. Les problèmes n'ont fait qu'empirer avec le temps. Le Conseil de l'UE a été prié de les résoudre mais ils ont décidé de se cacher derrière l'Office Européen des Brevets, en d'autres termes derrière les personnes mêmes qui sont responsables de cet échec en Europe.
Notre espoir est désormais entre les mains du Parlement européen. Le rapporteur Michel Rocard a donné la bonne conduite, ses collègues ont juste besoin de le soutenir, de manière à ce que le Conseil puisse avoir une nouvelle chance d'affronter ces problèmes.
